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Carnet de voyage

 

 

Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :

Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie

 

Pierre de Ronsard

 Pascale R.

PARTIR


Le 2 mai.

Je boucle mon sac à dos et je pars à l’aéroport. Ravie d’aller à la découverte de la vallée des Roses dont le seul nom fait rêver. De quoi s’agit-il ? Roses sauvages ? Roses cultivées ? Roses semblables aux nôtres ou bien d’une espèce inconnue dans nos jardins ? Je pense à Ronsard et dans mon langage à moi, moins poétique, je me dis qu’il faut aller voir ça.

Pour ceux qui se soucient des précisions topographiques, ils trouveront où se niche cet itinéraire sur le site https:// jemecasseausoleil, cartes 61 et 74. Mais en fait je déconseille d’y aller. Elles ne sont guère lisibles et il est difficile de voir par où nous sommes passés. C’est Lahcene, notre guide Berbère, qui est bien le seul à savoir !

Mais voilà ce sont je suis sûre : nous avons suivi, en partant du nord vers le sud, le cours de la rivière M’Goun qui, après son passage dans les gorges du même nom, irrigue la vallée des Roses avant de se jeter dans la rivière du Dadés. Une randonnée de 60 à 70 kms qui nous a fait passer de 3000 à 1000 m d’altitude par toutes les conditions météo possibles : neige, pluie, froid, chaleur, vent, d’où la nécessité d’avoir un sac bien étudié.

Le 3 mai.

Avec Patrice, Marilyn, Marie-Reine, Anne-Marie, Agnès, Viviane, Patrick, Robert et Sylvie, nous voilà embarqués dans notre aventure après une nuit de repos à Marrakech dans un palace qui a dû connaître des heures de gloire il y a un certain temps. Les hoquètements de la plomberie nous rappellent que nous devons en rabattre tout de suite avec nos exigences de confort et les  normes de booking.com. Ce n’est pas l’essentiel. Or, nous sommes ici pour l’essentiel.

Nous rejoignons le point de départ de notre randonnée : taxi, puis minibus décoré comme un arbre de Noël mais bondé de voyageurs, y compris sur le toit. Nous faisons connaissance en nous asseyant les uns sur les autres ce qui, incontestablement, « crée des liens » ; la route monte, le minibus s’essouffle et nous nous demandons si nous allons devoir le pousser, mais non ce ne sera pas nécessaire. Enfin le bitume cède la place à une piste et nous voilà transférés dans un camion pour une dernière séquence de « frissons extrêmes » qui nous amène à notre gîte. Soulagement, détente, confort berbère c’est-à-dire les accolades, le thé à la menthe, les coussins et les tapis, dans le grand salon des invités, orné de frises délicates.

Nous échangeons sur ce qui nous amené à entreprendre ce voyage et peu à peu nous découvrons chacun à travers ce qu’il livre.

 

MARCHER


 

Le 4 mai : les premiers pas.

Les muletiers ont pris les sacs et partent devant nous. Nous suivons un chemin à l’ombre des noyers et des figuiers sauvages qui dégagent une fine odeur de caramel. Nous sommes accompagnés de hordes d’enfants qui nous demandent des bonbons et des crayons à bille. De beaux enfants au regard vif, qui ne doivent pas connaître le superflu. Dialogue difficile… Ils nous accompagnent longtemps et dés qu’ils renoncent à nous suivre les enfants du village suivant apparaissent… Au bord de la rivière, on aperçoit des petits jardins cultivés : orge, blé, trèfle, oignons, pommiers, irrigués par un lacis de petits canaux en argile. De temps en temps, on entend puis on aperçoit des femmes qui lavent le linge à grands coups de battoir. Des tas de linge si hauts que je me demande combien de temps il faudra pour en venir à bout. Plus haut les villages sont perchés sur les premières pentes.

Nous déjeunons à l’ombre d’un noyer puis en fin d’après-midi, nous gagnons notre gîte qui offre, en option, une douche berbère aussi astucieuse qu’efficace.

Je visite le village et observe une maison en construction : le pisé est coulé dans un coffrage en bois puis longuement damé pour le rendre plus ferme tout en chassant l’eau qu’il contient. Toutes les maisons sont identiques : de vastes pièces rectangulaires, de petites ouvertures du côté de la rivière. Par leur couleur et leur matière, elles font partie intégrante du paysage. J’engage avec les ouvriers une sorte de langage des signes sympathique mais peu précis

 

Les 5 et 6 mai : journées aquatiques

Nous nous imposons un temps de marche silencieuse tous les matins. Un bon moyen pour communier avec le paysage et faire place à une méditation personnelle.

Nous entrons dans les gorges du M’Goun. Là, on ne peut se déplacer que les pieds dans l’eau. C’est la journée aquatique annonce Lahcene (en fait il y en aura 2). Le paysage est à couper le souffle. Les parois immenses se resserrent peu à peu. Dans le passage le plus étroit  où les parois se touchent presque au-dessus de nous (le « tuyau ») nous avons l’impression d’être dans une cathédrale de pierre rose.

Pour progresser, il faut suivre la rivière en évitant les courants trop forts. Nous retrouvons très vite l’attrait de l’enfance pour l’eau, ses menaces et ses jeux : sentir le courant nous bousculer, nous passer entre les jambes, lui résister, perdre puis retrouver l’équilibre, s’appuyer sur le voisin, tremper son pantalon jusqu’à la taille, sentir les cailloux qui se sont introduits dans les chaussures, pousser des petits cris de surprise ou d’effroi, sentir le froid de l’eau ou le chaud, appeler Lahcene ou Hussein au secours, quitter ses chaussures pleines de cailloux, retourner ses chaussettes, les remettre , faire « ouf » quand ça s’arrête, puis y retourner avec joie…

Lahcene nous dit que ce sont les plus belles gorges du Maroc. Je veux bien le croire.

Aux étapes nous retrouvons les enfants qui nous accompagnent jusqu’aux gîtes. Au passage, une école est ouverte, je la visite et je feuillette un manuel de vocabulaire à étudier en trois langues : l’amazigh (berbère), l’arabe et le français. Courage les petits !

Les villages au fur et à mesure que nous descendons sont plus importants, les maisons plus récentes ; certaines sont couvertes d’enduits colorés. Nos gîtes aussi deviennent plus vastes et plus confortables.

Tandis que les chaussures et les chaussettes gouttent sur les terrasses nous nous retrouvons pour des temps d’échange et de méditation.

 

Le 7 mai : chez les nomades.

Nous quittons l’ambiance fraîche de la vallée et nous montons sur un plateau d’une beauté austère mais grandiose. La température augmente. Nous sommes en territoire occupé par les nomades qui vivent dans des grottes creusées dans la roche. De loin en loin on aperçoit des campements et surtout on entend les troupeaux de chèvres. On voit aussi des batteries impressionnantes de ruches qui se nourrissent de thym sauvage.

Nous faisons étape dans une famille de nomades qui nous a laissé une grotte pour notre installation. Ambiance sonore garantie : de jeunes agneaux attendent leur mères, parties brouter dans la montagne et nous font savoir que l’attente a assez duré ! Les chiens s’en mêlent, les poules aussi… Ambiance amicale réservée : le courant a du mal à passer entre nos deux groupes trop « distants » sans doute ?

Pour la plupart, nous dormons à la belle étoile et sommes réveillés de bonne heure par nos amies les chèvres.

 

Le 8 mai : rencontres.

Nous reprenons la route et continuons notre marche jusqu’à un gros bourg où nous attend une route goudronnée !!

En chemin Robert et Sylvie nous ont enseigné l’art de méditer avec une poignée de cailloux. Pas évident !

Nous nous installons dans une belle kasbah qui domine le village. L’après-midi est consacrée à rencontrer les habitants. Ce qui se fait simplement car les personnes abordées nous invitent presque toujours à prendre le thé. Avec Patrice nous passons un long moment dans une famille de huit garçons qui ont tous fait des études supérieures alors que leur père travaillait en France. Ils nous font visiter la magnifique maison qu’ils viennent de faire construire et qui n’a rien à voir avec les maisons traditionnelles. Nous les quittons à regret en laissant sur la table les somptueuses pâtisseries de ramadan …

 

Le 9 mai : les roses

Pour cette dernière marche nous descendons la vallée des Roses. Il s’agit de roses damasquines, toutes petites roses qui poussent en buisson et sont ramassées tous les matins pour les distilleries. Les buissons forment des haies qui délimitent les propriétés. Derrière les buissons de roses, des cultures d’orge, et de blé envahies par les coquelicots que les femmes viennent arracher. Difficile d’admettre que le joli coquelicot est en fait une pousse nuisible qu’il faut arracher sans pitié !

 

Nous marchons sur de petites sentes à travers les cultures et dépassons de beaux villages où l’on aperçoit de grandes kasbahs abandonnées qui se délitent lentement au soleil. Ruines fantomatiques d’une époque révolue remplacée par plus de modernité ?

A nouveau nous rencontrons une route goudronnée où nous attend un taxi qui nous emmène chez

Lahcene où nous trouvons un gîte confortable et reposant.

Nous visitons une fabrique d’huile de rose puis nous allons à nouveau rencontrer les habitants. Avec Robert et Agnès nous sommes accueillis dans une famille où les échanges paraissent un peu difficiles Mais Robert sort son smartphone et montre les photos du chemin parcouru : toute la famille se groupe alors autour de lui, on appelle les absents, les enfants arrivent,  la maman,  on se serre pour voir, on rit, on crie, on commente, on se tape sur le dos,  on s’embrasse, tout le monde est content. La température amicale monte d’un cran et on finit même par échanger les numéros de téléphone. Leçon de communication à retenir.

Retour au gîte où nous attendent un musicien et un chanteur berbères.

 

Le 10 mai : Ouarzazate.

La ville nous réserve de bons moments : le palais du Glaoui, puis le hammam avec savon noir, gant de crin et massage. Puis nous commençons en douceur le bilan de ce séjour tout en profitant encore pour quelques heures de la vie de groupe et de la douceur des lieux.

Dîner sous les palmiers avec un petit verre de rosé ! hum !

 

RENTRER


 

Le 11 mai, je boucle mon sac à dos et je pars pour l’aéroport. J’enregistre mes bagages et je commence mon bilan personnel. Et entre moi et moi, voilà ce que ça donne :

 

Mon sac était bourré de trucs inutiles.

  • Et qu’est-ce que cela t’apprend de toi ?
  • Que je suis encombrée d’un tas de trucs qui ne servent à rien.
  • Ça t’étonne ?
  • Pas vraiment je suis une enfant de la société de consommation.
  • Et qu’est-ce que tu dois faire ?
  • Simplifier, simplifier, simplifier.
  • Tu commences par quoi ?
  • Euh …

 

Je vais développer ma vie intérieure.

  • Ah ! ah ! et comment vas-tu faire ?
  • Tous les matins les cinq tibétains convoquerai, tous les soirs en mon salon méditerai, tous les ans au moins une semaine jeûnerai.
  • Tu es sûre ?
  • Euh …

 

Je vais aller vers les autres et mieux communiquer,

  • Hum tu as des projets ?
  • Non mais je vais appliquer les méthodes de la CNV.
  • Alors avec ta fille c’est le grand beau ?
  • Euh…

 

Je veux donner du sens à ma vie.

  • C’est quoi le sens de la vie ?
  • Ben c’est servir, être utile.
  • Tu te crois inutile ?
  • Non mais peut mieux faire.
  • Par exemple ?
  • Euh…

 

Je veux être positive, optimiste, modeste, courageuse, aimable, entreprenante, dévouée, généreuse.

  • Tu ne crois pas que tu en demandes trop ?
  • Si mais je travaillerai mon hara pour y arriver.
  • Tu n’as vraiment rien compris.

Pascale R.

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